Le village de Songzhuang, situé dans le district de Songyang (Zhejiang), a été surnommé par le Chinese National Geographic le « dernier lieu secret au sud du fleuve Changjiang ». Après un long voyage à travers les montagnes, ce lieu s’offre au visiteur comme un endroit où cinq siècles d’histoire s’écoulent au ralenti. Pourtant, derrière son apparence ancienne et ses paysages de carte postale bat un cœur jeune et dynamique. Ce renouveau repose sur une philosophie : intégrer le moderne sans rompre avec l’héritage. L’établissement Tao Ye en est le parfait exemple. Sa gérante se voit comme une « traductrice » qui rend la beauté du village accessible. En préservant les murs en terre battue et les structures d’origine, elle a su intégrer des conforts contemporains comme un café, un spa et des plats occidentaux. Les hébergements sont volontairement dispersés dans le village pour encourager les visiteurs à s’immerger et à explorer le style de vie authentique. L’impact social de cette transformation est profond. L’histoire de la Grand-mère aux Tresses en est la preuve la plus chaleureuse. Elle est devenue une figure artistique du village, participant à des cocréations qui utilisent des éléments naturels. Le sentiment de fierté et le bonheur qu’elle exprime incarnent le succès de cette renaissance. Songzhuang démontre qu’il est possible de concilier la protection d’un patrimoine ancestral avec le développement économique. C’est le nouveau récit de ce lieu : un village ancien qui ne vieillit pas, mais se réinvente.